Perquisition à Mediapart : la justice condamne l’État dans l’affaire Benalla
Dans un jugement du 6 juillet 2022, le tribunal de Nanterre a condamné l’État pour sa tentative de perquisition des locaux de Mediapart du 4 février 2019, la jugeant « ni nécessaire dans une société démocratique ni proportionnée à l’objectif poursuivi ». Le jugement, très sévère pour le parquet de Paris, consacre la liberté d’informer et la protection des sources.Soulignant « l’effet d’intimidation » recherché par ce déplacement en nombre de personnes « appartenant à la hiérarchie intermédiaire du parquet de Paris et, pour l’un d’entre eux, de l’institution policière », le jugement oppose à cette « coercition caractéristique de la perquisition » le fait que « les autorités judiciaires, confrontées à un organe de presse jouissant d’une protection légale accrue, disposaient d’un moyen simple, peu intrusif et non contraignant, consistant en l’envoi d’une réquisition ». Au lieu de quoi le parquet a choisi, écrit le tribunal, « l’emploi immédiat d’une mesure intrinsèquement coercitive, ou susceptible de le devenir en cas de refus, et significativement plus intimidante ».
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Alexandre Benalla
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Alexandre Benalla, né Maroine Benalla le 8 septembre 1991 à Évreux (Eure), est un responsable de sécurité et agent public contractuel français. En 2012, il fait partie de l'équipe de sécurité de la campagne de François Hollande. Après le départ d'Emmanuel Macron du gouvernement Valls II, Alexandre Benalla se rapproche de l'ancien ministre et est engagé comme directeur de la sûreté et de la sécurité d'En marche durant la campagne présidentielle en 2017. Après l'élection d'Emmanuel Macron, il est engagé comme chargé de mission par le cabinet présidentiel. En juillet 2018, il est accusé d'avoir usurpé la fonction de policier, interpellé et violenté un couple de personnes qui avait lancé des projectiles sur des CRS lors d'une des manifestations du 1er mai 2018 à Paris. Cet événement est le point de départ de l'affaire Benalla, dans le cadre de laquelle il est condamné en 2021 en première instance, et en 2023 en appel à trois ans d’emprisonnement dont un an ferme sous bracelet électronique. Sa condamnation à un an de prison ferme est définitivement confirmée en juin 2024.

